Les inégalités entre Français se sont (légèrement) réduites l’an dernier, selon le portrait social de l’Insee, publié ce matin. Et ce, pour la seconde année consécutive. Après une baisse des écarts de niveaux de vie entre les plus riches et les plus modestes en 2013, la politique sociale et fiscale menée en 2014 a de nouveau conduit à pénaliser – de manière progressive – la moitié des Français les plus aisés, tout en épargnant les 50% les plus pauvres. Même si l’objectif initial du gouvernement était surtout de remplir les caisses de l’Etat.
Ainsi, pour la moitié de la population la plus aisée, les mesures fiscales de 2014 ont amputé de quelques dizaines d’euros par an le niveau vie médian (près de 20 000 euros annuels), et jusqu’à plus de 500 euros celui des 10% les plus riches (qui reste confortable, à 57 500 euros par an en moyenne). Dans les 50% du bas de l’échelle, les mesures sociales et les réductions d’impôts ont permis de rehausser de quelques dizaines d’euros le niveau de vie des 10% les plus pauvres (9820 euros) et de quasi-stabiliser celui des 40% suivant.
Pour les plus aisés, ce sont les mesures fiscales qui ont tiré le niveau de vie à la baisse. La réduction du plafond du quotient familial, tout d’abord, qui a concerné 1,4 million de ménages pour une perte moyenne de 820 euros, mais aussi la limitation des crédits et réductions d’impôt, qui ont touché 30 000 ménages, pour une perte moyenne de 4260 euros. Les plus modestes, eux, ont bénéficié des réductions d’impôt exceptionnelles pour les bas revenus, qui a concerné de manière « massive » 3 millions de ménages pour un gain moyen de 480 euros. A elle seule, cette mesure a représenté 30 % de la réduction des inégalités en 2014. De façon moins importante, ces foyers ont aussi profité des revalorisations exceptionnelles du RSA et du minimum vieillesse.
Au global, estime l’Insee, ces mesures ont conduit «à une diminution non-négligeable des inégalités de niveau de vie», relevant que «les 3/4 de cette réduction des inégalités sont imputables aux réformes de l’impôt sur le revenu». Et de noter que l’écart de niveau de vie entre les 10% les plus pauvres et les 10% les plus aisés, a été de 6,32, contre 6,40 sans ces nouvelles mesures.
Libération 4 novembre 2015